J’étale la pâte de ma journée sur une feuille crépusculaire,
à la peau blanche,

Comme pour résoudre les pires méfaits,

Grâce à des pensées modelées par le temps.

 

Voici ce qu’est le vandale, le mauvais garçon, le pire ennemi des salons:

Un noble voyou qui prend ce qu’il y  a de plus cher

dans l’argenterie du langage, pour provoquer l’éternité

avec des phrases immédiates.

 

Il se sert sans scrupule dans le dictionnaire

pour agencer à son rythme des phrases ô que mal intentionnés

à l’encontre des rats de bibliothèque,

comme un pâtissier de génie qui, avec les mêmes ingrédients,

fabrique un délice alors qu’un médiocre se contente de refourguer des pains foirés.

 

Inutile d’en dire plus sur le vandale des mots, c’est celui dont on se penche sur les textes à l’école pour tirer des interprétations qu’il ne validera pas.

 

C’est l’incompris volontaire qui instaure de nouvelles règles en s’afranchissant des limites de la bienveillance névrosée et fréquentant les pires diables pour arriver à des conclusions humanistes fonctionnelles même si peu désirées.

 

Voici ce qu’est le poète (mal compris):

Un voleur de légume qui survit en temps réel sur les routes de passage,

qui arbore des atours de saltimbanque pour se donner l’air de la misère,

mais qui a connu les sphères de la tendresse beaucoup trop vieux pour s’en décentrer.

 

Il fourre les crânes avec des mauvaises viandes,

mais les parfume d’idéologie féérique et féminine,

rend sa composition présentable aux affamés,

mais le plat est indigeste.

 

Pire que d’avoir de mauvaises intentions, il utilise les écrivains précis

comme on brandit sa carte de membre pour annuler son exclusion

du cercle des vertueux. Pour organiser des excisions en réunion, c’est toujours les plus frustrées qui sont de la partie.

Mais il n’a pas été formé à la vie plus qu’aux mots alors

il croit encore à l’inspiration narcissique et refuse la discipline.